
Comment des manipulateurs narcissiques transforment des personnes ordinaires en “pions” à leur insu.
Dans nos sociétés, il existe une forme de persécution sournoise, peu connue du grand public, mais qui peut toucher n’importe qui : le harcèlement en réseau, souvent désigné par son nom anglophone Gang Stalking. Contrairement au harcèlement “classique” ou au harcèlement en ligne, ce phénomène mobilise un grand nombre de personnes – parfois de simples citoyens – que l’on va appeler ici des “pions”. Ces “pions”, manipulés par un ou plusieurs instigateurs (souvent des profils narcissiques ou pervers), participent à des actions d’intimidation et de déstabilisation contre une cible, sans même réaliser l’ampleur de leur rôle.

Notre objectif est de sensibiliser précisément ces “pions” : vous découvrirez comment et pourquoi certains individus manipulateurs vous enrôlent, comment repérer ces manœuvres, et de quelle façon sortir de ce jeu nocif.

Qu’est-ce que le harcèlement en réseau ?
Le harcèlement en réseau se caractérise par :
- Une cible : la personne visée, qui devient l’objet d’actes hostiles (surveillance, menaces, rumeurs…).
- Un réseau de participants : des individus divers, plus ou moins conscients de participer à une même opération. Certains sont volontaires, d’autres ne le sont pas et deviennent malgré eux des “pions” entre les mains d’un harceleur principal.
- Une stratégie coordonnée : au lieu d’un seul harceleur, on trouve plusieurs acteurs qui agissent de manière répétée et complémentaire, rendant le phénomène extrêmement difficile à prouver.
Les agissements pris isolément semblent anodins (petites remarques, regards insistants, bousculades, messes basses…), mais mis bout à bout, ils créent un climat de paranoïa, d’épuisement moral et d’isolement autour de la cible.
« La fragmentation de l’acte social est le trait commun le plus caractéristique de
l’organisation sociale du mal. L’individu ne parvient pas à avoir une vue d’ensemble de la
situation, il s’en remet à l’autorité supérieure. » (cf. J. Abadie, Fiche de lecture)

Comment les manipulateurs narcissiques utilisent des “pions” ?
a) Le rôle des instigateurs
Derrière cette orchestration, on trouve généralement des individus d’une grande intelligence tordue ou des groupes charismatiques, calculateurs, ayant une faible ou une très haute opinion d’eux-mêmes; présentant des troubles psychotiques et souvent d’un grand narcissisme. Ils excellent dans l’art de la manipulation et se servent de fausses informations, de rumeurs ou de promesses pour convaincre des gens ordinaires de les aider dans leur entreprise de harcèlement. Ils ont leur propre vision du monde, de ce qui est bien et mal. Ils aiment dominer, contrôler la vie des autres en y faisant intrusion.
Leur discours intelligemment monté, est souvent d’une habile noirceur :
- Ils peuvent présenter la cible comme dangereuse, malhonnête ou nocive (“Il faut la surveiller pour le bien de tous”). La cible ne bénéficie d’aucune écoute réelle, le harcèlement est nié de multiples façons, directes et indirectes. Toutes sortes de manières de procéder insidieuses sont pratiquées, par exemple tourner en dérision tout ce que dit la personne harcelée, ou quand une action de harcèlement est pointée du doigt par elle, faire passer cette action pour une plaisanterie. C’est la victime qui n’a pas d’humour !…
- Ils font appel à la peur (“Si tu ne coopères pas, tu risques toi-même des ennuis”) ou à la flatterie (“Je fais appel à toi parce que je te fais confiance, tu es quelqu’un de fiable”).
- Pour avoir un contrôle total sur leur cible, elle fait l’objet d’une surveillance constante de tous ses faits et gestes. Elle est épiée en permanence et suivie partout. Son téléphone est sous écoute, ses appels peuvent être interceptés par des pions, ces mails surveillés, tout ce qui se passe chez elle est écouté. jusque dans sa moindre intimité. Ce harcèlement est perpétré dans tous les domaines de vie de la cible : vie privée, vie professionnelle et sphère publique.
- Pour arriver à leur fin, ils utilisent les failles juridiques (comme par exemple se couvrir sous de pseudos formations de la cible pour lui donner une récompense… Mais qui n’arrive jamais bien-sûr…), les écoutes téléphoniques, l’interception des mails, la télédétection, notamment grâce aux GSM, les observations réalisées à l’aide de différentes technologies dont la géolocalisation, diverses méthodes de mentalistes pour contrôler à distance ceux qui refuse de coopérer naturellement, et avoir facilement des accords de personnes haut placées, etc.

b) Qui sont les “pions” ?
Un “pion” est quelqu’un qui prend part à ce harcèlement sans forcément se rendre compte de la gravité de ses actes ni de la souffrance infligée à la cible. Les raisons qui poussent une personne à devenir pion peuvent varier :
- Ignorance : Vous agissez parfois par curiosité (“Je surveille un collègue pour un ami…”), sans soupçonner qu’il s’agit d’une persécution globale.
- Crainte : Vous subissez des pressions directes ou du chantage. Vous avez peur de perdre votre emploi, votre réputation ou de subir vous-même des représailles.
- Intérêt personnel : On vous a peut-être promis une récompense que vous désirez, un avantage ou un statut (“Tu fais partie d’un groupe spécial, tu vas aider à protéger notre communauté…”). Ces avantages sont parfois difficiles d’accès par des voies « classiques ». Le pion se sent ainsi valorisé.
- Manipulation émotionnelle : Vous croyez rendre service à la société ou à quelqu’un que vous admirez, une personne que vous aimez particulièrement, parce qu’elle vous a présenté la cible comme une personne dangereuse ou malveillante.
- Faiblesse psychologique : Un manipulateur exploite votre vulnérabilité en vous offrant un soutien apparent tout en instaurant une dépendance émotionnelle. Il manipule vos insécurités (solitude, statut administratif, logement, promotion professionnelle, désir personnel…) pour vous contrôler et vous rendre redevable. Progressivement, il assoit son emprise sur vous, renforçant ainsi son pouvoir d’action dans son intérêt. Ce type de profil sont les plus recherchés comme pions. Car au nom de leur puissant désir à réaliser, ils sont capables de toutes les infractions pour le manipulateur (qu’ils considèrent comme leur sauveur) contre la cible.
Dans tous les cas, les actions de harcèlement sont découpées en une multitude d’actes dont la plupart peuvent paraître insignifiants si on les voit et si on les considère séparément. Le pion ignore souvent l’ampleur du plan et ne voit qu’une petite pièce du puzzle : “On m’a simplement dit de faire ceci ou cela.” Ils n’ont jamais la visibilité de l’ensemble des actions et encore moins de la stratégie et des objectifs réels.
Les méthodes du harcèlement en réseau pour tenir la cible en échec
Lorsque vous participez, même à petite échelle, à ce dispositif, vous pouvez être amené·e à :

- Surveiller la cible : Constamment noter ses faits et gestes, rapporter des informations confidentielles à l’harceleur.
- L’isoler : diffuser des rumeurs auprès de collègues, d’amis ou de la famille, poussant chacun à s’éloigner d’elle. Cette attitude à pour but de ne laisser autour d’elle que des pions et éviter toute « fuite » de leur fonctionnement malsain. Au final, la cible se retrouve isolée socialement de personnes « saines ».
- La discréditer : propager des doutes sur son état mental (“Elle est parano”, “Elle ment constamment”) ou ses compétences professionnelles.
- La harceler au quotidien : commentaires sarcastiques, gestes hostiles, petits “accidents” organisés (bruits de nuit, sabotage d’outils de travail, etc.).
- L’humilier : Des images sous-évaluées, fausses, dévalorisantes lui sont retournées à la manière d’un miroir déformant souvent de façon très insidieuse. Ce peut être sur son physique comme sur son profil intellectuel et ses compétences, sur sa spiritualité, ou sur tout autre domaine qui a de l’importance à ses yeux.
- Compromettre sa santé ou sa vie : La cible peut être poussée à exécuter des travaux dangereux, ou à côtoyer des personnes dangereuses, ou à se rendre sur des territoires hostiles. Son matériel peut-être saboté pour le rendre dangereux à utiliser. Pour l’empêcher d’avancer, ils compromettent ses projets en la mettant dans la précarité, les difficultés financières, une mauvaise santé ou des problèmes à répétition.
L’ensemble de ces pratiques constitue une mise en danger délibéré de la cible. La plupart du temps la cible ne comprend pas ce qui se passe. Cette pratique, totalement folle, est anxiogène au-delà de tout ce que peuvent imaginer les personnes qui n’y ont pas été confrontées
Le harcèlement en réseau vise à maintenir également la cible dans des lieux stratégiques, faciles à observer et pouvant répondre à différents objectifs. Des manipulations sont inhérentes à son habitation et dans certains cas pour l’empêcher de choisir son lieu de vie et de repos. Ils encerclent totalement la cible afin que les instigateurs, et d’autres pions qui vont interagir, puissent l’agresser et la parasiter sans être inquiété.
Chacune de ces actions peut sembler “inoffensive” si on l’examine individuellement, mais leur somme génère une pression énorme sur la victime.

Le profil des cibles
Lorsqu’on observe les personnes ayant été confrontées à ce type d’agression, certains profils semblent particulièrement exposés :
– Les femmes perçues comme désirables, notamment celles étant seule.
– Les individus traversant une rupture amoureuse, qu’elle soit récente ou en cours.
– Les opposants au pouvoir, militants ou activistes.
– Les travailleurs ayant contracté une maladie grave.
– Les personnes possédant des capacités hors normes.
– Les membres de groupes spirituels minoritaires.
– Ceux qui détiennent des informations sensibles ou compromettantes (ex. malversations).
– Ceux ayant accès aux données que les autorités souhaitent garder secrètes.
– Les personnes évoluant dans des milieux ou communautés encore peu contrôlées par le système.
– Les individus utilisés à leur insu comme cobayes humains.
– Ceux ayant un droit légitime à réclamer une somme d’argent importante via la justice (entreprises, assurances, indemnisations, etc.).
– Les personnes ou groupes engagés dans la défense des droits humains.
– Enfin, parfois, des individus qui se sont simplement retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment.
Certaines de ces cibles cumulent plusieurs de ces caractéristiques, les mettant ainsi au centre d’un intérêt dont l’ampleur dépasse souvent l’imaginable.
Les risques pour les “pions” : pourquoi vous devriez vous en préoccuper
a) Vous pourriez devenir à votre tour une cible
Les manipulateurs qui orchestrent le harcèlement n’hésiteront pas à retourner leurs méthodes contre vous si vous commencez à poser trop de questions ou si vous les contrariez. De plus, leur objectif peut évoluer : celui qui est pion aujourd’hui peut se retrouver victime demain, car la mécanique du harcèlement en réseau fonctionne grâce à la peur et à la soumission.
b) La culpabilité et les conséquences morales
Même si, sur le moment, “cela ne vous paraît pas grave” de suivre des consignes, prendre part à un système visant à détruire psychologiquement une personne peut laisser des séquelles :
- Remords : une fois conscient·e du rôle joué dans la souffrance de la cible. Car le plus souvent cette personne ne vous avait rien fait.
- Crise de confiance : à l’égard de ceux qui vous ont manipulé·e.
- Perte de crédibilité : si l’affaire éclate publiquement (plainte judiciaire, médiatisation), vous pourriez être associé·e à des actes illégaux ou moralement répréhensibles.
c) Des conséquences légales
Bien que le harcèlement en réseau ne soit pas toujours clairement défini par la loi, de nombreux textes de loi interdisent les atteintes à la dignité, la diffamation, la complicité de violences psychologiques, etc. Si la victime parvient à rassembler des preuves, vous pourriez être poursuivi·e pour complicité.

Comment repérer si vous êtes un “pion” et que faire ?
Sachez que le pervers narcissique qui agit dans l’ombre est souvent connu de la victime et ne veut pas être démasqué dans son projet funeste!
Pour parvenir à ses fins, il utilise souvent des personnes manipulables, ayant des désirs personnels, des défauts, des faiblesses, des envies inavouables… Qu’ils soient bons ou mauvais, dès qu’ils sont exploitables pour lui. Donc pour y faire face il faut :
- Analysez vos motivations
- Pourquoi vous demande-t-on d’observer ou de harceler cette personne ? Pourquoi cette personne ne le fait pas elle-même en allant voir la cible ?
- Avez-vous des preuves tangibles de ce qu’on vous raconte à son sujet, ou sont-ce uniquement des rumeurs ?
- Qui profite réellement de vos actes ?
- Posez des questions
- Lorsqu’on vous donne des consignes (“Surveille X, dis ceci à son sujet, relaie cette information”), demandez-vous quel est l’objectif réel.
- Si on vous répond par du flou, des menaces ou de la culpabilisation (“Si tu ne fais pas ça, tu es lâche…”), redoublez de vigilance.
- Protégez-vous
- Coupez court à toute action qui vous met mal à l’aise ou vous semble douteuse.
- Si vous craignez des représailles, essayez de documenter les demandes qui vous sont faites (messages, consignes orales, etc.) afin de prouver votre bonne foi si la situation se retourne contre vous.
- Cherchez du soutien
- Parlez-en à des personnes de confiance (amis, proches) ou à un professionnel (avocat, thérapeute).
- Rejoignez des groupes d’information ou d’entraide qui luttent contre le harcèlement moral et le Gang Stalking.
- Refusez la spirale
- Ne jouez pas le jeu de la diffamation ou de l’intimidation, même si ça vous paraît anodin ou si vous êtes en colère contre la cible.
- Prenez conscience que vous n’avez pas à être l’instrument d’un plan de persécution.
Un phénomène mondial et un enjeu citoyen
Le harcèlement en réseau n’est pas un simple problème individuel ; c’est un enjeu de société qui touche aussi bien les sphères privées que professionnelles ou politiques. Aux États-Unis et au Canada, des associations de victimes se sont constituées pour dénoncer ces pratiques et sensibiliser le public. En Europe, la législation tarde à reconnaître la spécificité du “Gang Stalking”, même si le harcèlement moral et le stalking sont déjà partiellement réprimés par la loi.
Cependant, les mentalités commencent à changer : plus on informe et témoigne, plus la pression grandit pour que la société prenne au sérieux ces nouveaux modes de persécution, et pour que la justice s’adapte.

Sortir de la manipulation : devenir acteur du changement
En restant dans l’ombre, il utilise des pions ignorant de toute la situation. Vous avez le pouvoir de refuser d’être complice :
- En prenant conscience des mécanismes de manipulation narcissique.
- En refusant de participer à des opérations de surveillance, de démolition psychologique ou de propagation de rumeurs.
Chaque individu qui sort de cet engrenage affaiblit le système. Les instigateurs – ces manipulateurs pervers – ont besoin de “pions” pour agir. Sans ces “pions” inconscients, ils perdent leur capacité de nuire et leur emprise psychologique.
Votre rôle est essentiel
Le harcèlement en réseau (Gang Stalking) repose en grande partie sur la mobilisation à grande échelle de personnes ordinaires qui, pour diverses raisons (peur, méprise, intérêt, flatterie), jouent le jeu du harceleur. Si vous lisez ces lignes et vous reconnaissez dans certaines situations (consignes étranges, invitations à discréditer quelqu’un, pression pour “faire taire” ou “surveiller” un individu), il est crucial de prendre du recul et de vous informer.
- Agir pour dénoncer : Parlez-en autour de vous, partagez ces informations, alertez les associations ou les professionnels compétents.
- Refuser de coopérer : Mettez fin à toute participation active ou passive à ces actions nocives.
- Soutenir les victimes : Si vous soupçonnez qu’une personne est harcelée, écoutez-la, aidez-la à se documenter et l’encouragez à chercher de l’aide légale ou psychologique.
Seul un mouvement collectif de prise de conscience mettra en lumière l’existence de ces méthodes perverses et empêchera la banalisation d’un harcèlement qui détruit des vies. Les “pions” ne sont pas condamnés à le rester. En ouvrant les yeux, vous pouvez cesser d’être un rouage et choisir de devenir un acteur positif qui protège la dignité et la liberté de chacun.


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